Ce dimanche matin, je vais tenter de démêler toute la malhonnêteté que reflètent les réactions de la droite, de l’extrême-droite, du gouvernement actuel et de leurs porte-voix que sont les médias dominants aux mains de quelques milliardaires. Ces réactions n’ont d’autre objectif, obsessionnel à défaut d’être honnête et constructif, que de s’attaquer avec la violence de la calomnie au seul mouvement politique capable de nous faire sortir de la crise actuelle dans toutes ses dimensions ; j’ai bien sûr nommé la France insoumise. La violence de ces attaques traduit évidemment une fébrilité sans précédent du gouvernement Macron qui craint plus que jamais l’application en 2027 d’une politique à rebours de la leur, à savoir une politique respectueuse des valeurs de notre République : liberté, égalité, fraternité.

En guise de conclusion de mon premier recueil de chroniques, j’avais consacré ma réflexion à la violence sous diverses formes, reprenant d’abord le thème de l’une des Lettres persanes où Montesquieu évoquait l’histoire des Troglodytes, laquelle faisait alors écho au sort qui a été réservé aux personnels soignants pendant et surtout après la pandémie du Covid ; j’avais ensuite cité Don Hélder Câmara, ancien évêque de Recife et ardent défenseur des pauvres sous la dictature des généraux au Brésil. Il analysait la violence en trois temps :

  • la première, mère de toutes les autres, est de caractère institutionnel et conduit aux inégalités sociales, à l’exploitation légale et silencieuse de millions d’êtres humains sous les effets de la politique d’une caste d’individus cravatés, détenteurs de la « vérité », présentant un air grave et vous annonçant sans élever la voix le gel des salaires sans blocage des prix, la mise en pièces du Code du Travail, la suppression par milliers de lits d’hôpitaux et de postes d’enseignants, le déremboursement de médicaments et bien d’autres aménités de ce genre;
  • le peuple victime de cette violence à grande échelle va répondre par la révolte pouvant atteindre le stade de violence révolutionnaire devant la surdité du pouvoir à des revendications maintes fois réitérées;
  • enfin le pouvoir voulant préserver les privilèges de sa caste envers et contre tous, va réagir à son tour par la violence policière et la répression judiciaire.

En ce lendemain du 18 octobre, le cycle des trois violences est bouclé : la Macronie a laissé tous les indicateurs sociaux se dégrader depuis dix ans, abîmé profondément la démocratie, contribué au travers de ses choix politiques au saccage de l’environnement et au réchauffement climatique ou encore aggravé comme jamais le déficit des comptes publics en l’absence d’une fiscalité juste et redistributive.

Persistant dans cette politique mortifère qui profite surtout à quelques milliers d’ultra-riches et à une poignée de milliardaires, plusieurs composantes du peuple sont entrées en résistance, le plus souvent dans le cadre de manifestations calmes mais rassemblant un peu partout des foules nombreuses, comportant des manifestants de tous âges, des lycéens aux retraités en passant par les étudiants, les chômeurs et les « actifs » du privé ou de la fonction publique parmi lesquels ont resurgi symboliquement les Gilets jaunes.

Devant un mouvement d’une telle ampleur, le pouvoir a choisi d’opposer une nouvelle fois sa violence policière qui suscite l’indignation, tant en France qu’à travers l’Europe, jusques et y compris aux Nations-Unies compte tenu de l’emploi d’armements qui infligent des blessures de guerre à des personnes jeunes dont la vie sera à jamais brisée par la perte d’un œil ou d’une main.

Mais qu’ont retenu les beaux et grands médias prompts à se ranger aux côtés des défenseurs de l’ordre, en tout cas de la conception qu’ils en ont : que des dommages d’un niveau inacceptable ont été commis au cours de ces manifestations, sans trop insister sur le fait qu’ils l’ont été en marge ou après les rassemblements, pacifiques dans leur écrasante majorité.

Voilà donc un délicieux et bel os à ronger pour ces médias, la Macronie et ses alliés objectifs de l’extrême-droite : de tels dommages sont inacceptables et la responsabilité en incombe évidemment d’abord à LFI ! Mais quel dirigeant politique en quête de la fonction suprême à la tête de l’État serait assez inconscient pour tolérer, voire encourager des dégradations de commerces, de bâtiments publics et de mobilier urbain ? Pourtant les Retailleau et consorts, spécialistes du billard à deux bandes, ne se délectent-ils pas dans leur for intérieur de cette opportunité bienvenue d’attaquer un Jean-Luc Mélenchon qui progresse régulièrement dans les sondages et est actuellement en bonne place pour être au second tour de la présidentielle ? D’ailleurs, cette délectation que j’ose imaginer ne m’a-t-elle pas été inspirée par l’emploi qui a été fait des forces de « l’ordre » macroniste, les manifestants paisibles ayant été copieusement gazés dès le milieu de journée tandis que certains casseurs pouvaient sans être trop dérangés effectuer leurs saccages en soirée et tard dans la nuit ? Il serait également intéressant de comprendre très précisément qui étaient ces casseurs…

Sur France Inter, M. Retailleau n’a pas hésité à porter sur LFI l’accusation infamante d’ennemi de la République, ce qui ne manque pas de sel ! Le parti, très mal nommé, Les Républicains n’a jamais respecté les principes fondateurs de notre République que j’ai déjà rappelés – liberté, égalité, fraternité – s’acharnant au contraire à les combattre pour moins de liberté comme celle de manifester, moins d’égalité en assistant le grand patronat à coups de milliards tout en imposant encore plus d’austérité aux millions qui vivent déjà dans la misère et en désignant au jour le jour tel ou tel groupe à la vindicte populaire.

Mais les Français seront de plus en plus nombreux à faire la part des choses, à percevoir de plus en plus clairement qui sont les responsables du chaos actuel et à désirer l’émergence d’un monde nouveau, plus humain, plus juste, plus habitable et plus pacifique.

Bertrand