Jeudi 1er octobre 2026, cinq candidats sociaux-démocrates et « socialistes » à l’élection présidentielle se sont livrés à un deuxième débat sur France Télévisions et France Inter dans le contexte d’une primaire pour désigner qui les représentera au scrutin du 18 avril 2027.

Certains sujets de discorde vont conduire, comme lors du premier débat, à une scission entre deux groupes : d’un côté celui de Ségolène Royal, Olivier Faure et Emmanuel Maurel, de l’autre celui de Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj.

Parmi ces sujets, l’un concerne les relations que le futur vainqueur de cette primaire pourrait conclure ou non avec La France insoumise, l’autre la perception qu’ont les participants du drame qui se déroule au Proche-Orient, les deux sujets n’étant d’ailleurs pas indépendants l’un de l’autre comme chacun sait. Demandons-nous au passage s’il fallait y consacrer tout ce temps alors que notre pays est confronté à des questions qui touchent très directement à la vie des Français : envolée du prix des carburants, révolte justifiée des lycéens, conséquences du réchauffement climatique, etc.

Cela étant posé, ma réflexion va se concentrer sur la question du Proche-Orient. Il n’est pas ici question de reprendre des chroniques que j’ai déjà publiées dans mon blogue et de me lancer dans de longs développements. Je souhaite seulement souligner ce qui sépare les deux groupes sur Gaza et la Cisjordanie dans le champ sémantique.

Pour le « Groupe des trois », l’action engagée par Tsahal depuis le 7 octobre 2023 contre le territoire de Gaza et sa population correspond très exactement à un génocide, appréciation largement partagée an niveau international. J’avais d’ailleurs déjà fait état dans ma chronique du 1er mars 2024, comme l’a fait opportunément Olivier Faure au cours de la soirée du 1er octobre, des termes de la « Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide » :

« Génocide signifie que l’une des actions suivantes est commise en vue de détruire partiellement ou totalement un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme :

  1. Meurtres de membres du groupe ;
  2. Atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
  3. Infliger délibérément des conditions de vie au groupe visant à entraîner sa destruction physique partielle ou totale. 
  4. Prendre des mesures destinées à entraver les naissances au sein du groupe ;
  5. Transférer de force des enfants du groupe à un autre groupe. » 

Comme on peut le constater, les actions engagées par l’État hébreu contre le peuple palestinien cochent au moins quatre cases sur cinq.

Dès lors, il est difficile de comprendre pourquoi le « Groupe des deux » (Glucksmann et Guedj) refuse mordicus de retenir le terme de « génocide » acceptant uniquement ceux de « Crimes de guerre » et de « Crimes contre l’humanité ». Quelle en est la raison ? Est-ce parce que LFI, ennemi juré de ces deux candidats, a été le premier mouvement politique à utiliser ce terme ? Est-ce pour que l’on ne puisse pas dire que Benjamin Netanyahou commet un crime aussi barbare envers les Palestiniens qu’Adolf Hitler envers les Juifs et les Tsiganes ? Cette seconde hypothèse a l’inconvénient tout aussi embarrassant pour les deux candidats de les rapprocher de personnages aussi peu fréquentables que Robert Faurisson, Alain Soral ou bien sûr Jean-Marie Le Pen, tous négationnistes, le dernier considérant que la Shoah était « un détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ».

Deux nouveaux négationnistes en quête d’un adoubement populaire pour occuper l’Élysée pendant cinq ans ? Allez, encore un petit effort (ou grand pour eux ?) et cette question « sémantique » n’occupera plus le temps de parole de ces candidats. Il y aurait tellement d’autres sujets qui méritent vraiment d’en débattre devant les Français !

Bertrand