Bonjour à toutes et à tous,

Je profite de cette période où il est convenable de souhaiter à ses congénères proches ou éloignés une joyeuse fin d’année et une excellente santé au cours des douze mois à venir pour vous faire part de deux ou trois réflexions sur l’état du monde, d’autant que j’ai été très avare en écritures dans mon blogue depuis de longs mois.

Un rapide bilan de 2025 n’incite pas à l’optimisme et j’ai du mal à considérer que le verre du progrès est à moitié plein car je le vois au contraire se vider de jour en jour, ce qui veut dire que nous serions dans une période de régression durablement installée.

Cette régression a des aspects concrets, mais aussi des aspects moraux tout aussi préoccupants.

Les aspects concrets, nous les voyons ou en entendons parler tous les jours. La violence d’abord sous forme de conflits aux configurations très variées, avec dans l’ordre de gravité le génocide du peuple palestinien, la guerre civile au Soudan et une guerre « classique » entre deux armées, l’une russe, l’autre ukrainienne. Je n’oublie pas pour autant les dizaines de conflits qui persistent dans la région des Grands Lacs en Afrique ou au Yémen et la litanie des populations persécutées dans leurs propres pays : Ouïghours en Chine, Rohingya au Myanmar, Kurdes en Turquie, Tchétchènes en Russie, etc. Citons enfin toutes les persécutions qui touchent les femmes, en Afghanistan et ailleurs, ainsi que les homosexuels dans de très nombreux pays.

Les aspects moraux vont de pair avec les précédents, mais ils atteignent parfois un niveau d’indignité intolérable lorsque les dirigeants d’États en paix encouragent certaines formes de terrorisme ou au mieux les tolèrent. Dans le cas de la Palestine, cela fait plus d’un siècle, Royaume-Uni en tête puis Etats-Unis, que l’Occident arme les terroristes sionistes dont la barbarie a atteint des sommets avec la destruction quasi complète du ghetto de Gaza, opération d’épuration ethnique avec des massacres à grande échelle qui visent aussi à terroriser ceux qui y ont échappé afin qu’ils quittent leur terre, comme cela fut le cas en 1948 avec la Nakba.

Mais toute évolution de la situation internationale est le résultat de comportements et de décisions prises par les dirigeants qui ont détenu ou détiennent actuellement le pouvoir. Les dirigeants actuels ne nous incitent pas non plus à considérer que le verre est à moitié plein du côté de la démocratie quand on voit à quel point elle s’étiole dans nombre de pays où elle est réputée exister tandis que dans d’autres les pouvoirs totalitaires se durcissent. D’un bout à l’autre de la planète, la loi du plus fort s’impose de plus en plus au détriment des populations et des organisations internationales qui semblent réduites à l’impuissance, l’ONU en premier lieu, ce qui est plutôt de mauvais augure quand on sait à quoi l’impuissance de la SDN a pu conduire…

Déjà en janvier 2021, un certain Donald Trump et ses partisans déchaînés avaient failli faire dérailler la démocratie ô combien imparfaite des États-Unis en donnant l’assaut au Capitole ; le même individu s’est transformé en gendarme du monde depuis janvier dernier et tente d’imposer des règles de vie en société qui nous feraient reculer dans les profondeurs du siècle dernier. Mais le lascar fait des émules en Amérique du Sud – Salvador, Argentine et dernièrement Chili où un nostalgique du sanguinaire Pinochet revient au pouvoir ! On ne peut les citer tous ces dirigeants peu soucieux de respect des droits de l’homme de Netanyahu à Poutine en passant par le Turc Erdogan, l’Égyptien al Sissi, l’Indien Modi et le Chinois Xi Jing Ping. Je ne ferai pas de longs commentaires sur la situation de la France, de son Président et de son gouvernement tellement les faits sont là devant nous, affligeants. Je note au passage, et je n’irai pas plus loin, que Greta Thunberg vient d’être arrêtée à Londres au titre d’une loi anti-terroriste alors qu’elle était venue soutenir une organisation de défense de la cause palestinienne qui lutte précisément contre le terrorisme d’État d’Israël ! Georges Orwell était vraiment un visionnaire : nous sommes parvenus au stade ultime d’une sorte de novlangue où le « bien » devient le « mal » et le « mal » devient le « bien ».

Passez d’agréables fêtes avec de bonnes lectures en vous souhaitant bon pied bon œil pour 2026 !

Bertrand